Dans le débat sur les textiles durables, le coton a acquis une réputation de plus en plus négative ces dernières années. On le présente souvent comme gourmand en eau, néfaste pour l'environnement et problématique. Pourtant, un examen plus approfondi révèle que nombre de ces idées reçues sont simplistes, voire erronées. Chez Lebenskleidung, nous pensons donc qu'il est essentiel de fonder ce débat sur des faits et d'aborder les enjeux avec nuance.
Un rapport récent et régulièrement mis à jour de la Fondation Transformers démystifie les idées reçues les plus courantes sur le coton et les replace dans un contexte mondial. Il souligne notamment à quel point l'empreinte écologique du coton dépend des conditions régionales et des méthodes de culture.
On cite souvent le chiffre de 20 000 litres d’eau consommés par kilogramme de fibre de coton. Ce chiffre ne résiste pas à l’analyse. En réalité, la consommation d’eau varie considérablement selon le pays d’origine. En Turquie, par exemple, elle est d’environ 656 litres par kilogramme, tandis qu’au Brésil, elle est nulle, le coton y étant cultivé presque exclusivement grâce aux précipitations naturelles. Même dans des pays comme le Burkina Faso ou l’Argentine, la consommation est nettement inférieure aux chiffres extrêmes souvent avancés. Sur le continent africain, le coton est principalement irrigué par la pluie, comme c’est le cas pour notre coton biologique d’Ouganda, qui ne nécessite aucune irrigation extérieure.
Un autre mythe répandu concerne l'utilisation des insecticides. On affirme souvent que 25 % des insecticides mondiaux sont utilisés pour la culture du coton. Or, selon un rapport de la Transformers Foundation, le chiffre réel est d'environ 6 %. Cet écart souligne l'importance d'examiner attentivement les sources. Par ailleurs, il convient de noter qu'aucun pesticide de synthèse n'est utilisé dans l'agriculture biologique du coton – un avantage indéniable pour l'environnement, les sols et la santé des populations locales.
Affirmer que le coton est intrinsèquement « assoiffé » est une vision trop simpliste. Si le coton, comme toute plante, a besoin d'eau pour pousser, la question cruciale est de savoir d'où provient cette eau et comment elle est utilisée. Dans les régions arides, des techniques d'irrigation innovantes sont de plus en plus employées, tandis que dans d'autres zones de culture, les précipitations suffisent. Il est donc essentiel de prendre en compte l'origine et les méthodes de culture, et de ne pas considérer le « coton » comme une matière première uniforme.
Il en va de même pour l'affirmation souvent citée selon laquelle le coton biologique consommerait 91 % d'eau en moins que le coton conventionnel. Là encore, le contexte nécessaire fait souvent défaut. Le coton biologique offre de nombreux avantages écologiques, mais sa consommation d'eau réelle dépend fortement des conditions régionales, de la composition du sol et des pratiques agricoles. Les pourcentages généraux ne rendent tout simplement pas compte de cette complexité.